• Aimer Angers

Saccage de l’étincelle

Mis à jour : févr. 12

Monsieur le Maire, chers collègues,

Nous venons d’évoquer le piratage informatique qui a touché sévèrement la ville. Il y a à mon sens un autre fait important qui vient de toucher notre ville et dont j’aimerais que nous parlions aussi ce soir : cela concerne le saccage qui a lieu début janvier dans des locaux associatifs, ceux de l’Etincelle, un saccage qui s’est traduit, entre autre, par des livres brûlés, du matériel détruit et surtout des symboles et gestes nazis, notamment lors de la revendication par un groupuscule nationaliste. Une violence, des méthodes, un message que je condamne avec force.


Pourquoi je tiens à en parler ce soir ? Car je suis convaincue que ne pas en parler serait une faute grave. Nous avons lu dans la presse dans un premier temps que la ville ne souhaitait pas commenter un cambriolage politique. Mais attention, les mots ont une importance : ce qui s’est passé n’est pas un cambriolage politique et vous le savez parfaitement. Nous ne pouvons pas tolérer des comportements anti-démocratiques qui plus est fascisants et violents et qui rappellent les heures sombres de notre histoire.


Ce saccage, qu’avec les minorités et les partis de gauche nous avons unanimement condamnés, s’ajoute à une longue liste d’autre faits de même veine et vient confirmer ce constat qu’Angers est devenue une ville où l’ultra-droite fait son nid insidueusement, déversant dés qu’elle le peut son idéologie nauséabonde, sa préférence nationale, son attachement à un pan de l’histoire terrible que nous devons tous ici combattre unanimement.


Ce constat commence malheureusement à être reconnu bien au-delà d’Angers et comme beaucoup d’Angevins, j’étais particulièrement triste et en colère, samedi soir, d’entendre notre ville citée dans l’émission de Laurent Ruquier comme un exemple de ville où l’extrême droite s’installe durablement. En colère aussi, et d’ailleurs la journaliste Pauline Guena l’a précisé, car je sais qu’une majorité d’Angevins sont totalement à l’opposé de cette idéologie et prône des valeurs d’ouverture, de tolérance et d’accueil. Alors, Monsieur le Maire, à tous ces Angevins, nous devons envoyer un signal, nous devons leur montrer que nous souhaitons agir, en affirmant une position claire par rapport à cette ultra-droite et en prenons des mesures courageuses. Les minorités sont prêtes à travailler avec vous sur cette question. De nombreux acteurs locaux sont aussi prêts à le faire.


Un premier geste, Monsieur le Maire, serait par exemple de ne pas céder à ceux, car ce sont les mêmes, qui à plusieurs reprises, ont détruit l’arbre de la laïcité, un arbre que je vous propose de replanter le plus tôt possible pour montrer que nous ne céderons pas et que nous serons toujours présents pour défendre les valeurs de la république. La liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité !


Il y a une urgence : celle de ne pas laisser faire, d’agir, et de déconstruire car l’Histoire a montré par le passé où cette idéologie pouvait nous mener. Et dans ce combat, Monsieur le Maire, chers collègues, vous pourrez compter sur nous.


- Janvier 2021 -

Silvia CAMARA-TOMBINI


Conseil municipal


Extrait de son intervention en vidéo

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