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Débat d’orientations budgétaires 2021 pour Angers Loire Métropole

Monsieur le Président , monsieur le rapporteur

Je voudrais tout d’abord remercier les services pour la qualité des documents qui nous ont été fournis afin d’aborder ce débat d’orientations budgétaires, dans un contexte contraint par la cyberattaque qui a nécessairement impacté le quotidien des services.

Ce débat, avec le vote du budget, est toujours un moment fort dans la vie démocratique d’une assemblée. C’est la raison pour laquelle je voudrais commencer par une remarque fonctionnelle et un regret. Celui qu’il faille attendre ce soir pour avoir nos premiers échanges sur ce DOB (Débat d'orientation budgétaires) puisque les documents, s’ils nous sont fournis en temps et en heure, n’auront été présentés dans aucune des commissions à laquelle nous participons.

C’est une demande qui vous a été faite à maintes reprises dans le précédent mandat. L’absence d’une commission des finances qui permettrait au moins d’aborder ces débats budgétaires tous ensemble, sans devoir attendre de se retrouver comme ce soir en séance plénière. Cela nous aurait permis de poser des questions, d’appréhender aussi la présentation d’un budget. Je renouvelle donc cette demande pour qu’en amont des prochains votes de budget, un temps de travail en commission, une commission ouverte à tous et pas uniquement aux membres de la commission permanente, puisse être proposé.

Ma deuxième remarque en découle: nous abordons ce soir notre premier débat d’orientations budgétaires du mandat pour lequel nous avons toutes et tous été élus. Dans cette enceinte, il y a de nombreux nouveaux élus pour lesquels il aurait certainement été judicieux, et notamment plus pédagogique, d’avoir un temps d’appropriation, voire même de formation, afin de comprendre les tenants et les aboutissants d’un budget communautaire, comprendre les enjeux budgétaires auxquels notre territoire est confronté, comprendre aussi l’évolution du budget.

J’en arrive maintenant au débat sur les orientations telles qu’elles nous sont proposées. Et je commencerai par un constat. Ce qui était vrai en 2019, voire même début 2020, ne l’est évidemment plus aujourd’hui. Nous sommes en train de vivre une crise sans précédent, crise sanitaire, économique et sociale dont nous méconnaissons aujourd’hui l’impact qu’elle aura sur nos territoires et sur la population dans les mois, les années à venir.

Face à ce constat, je regrette que nous n’en tenions pas plus compte dans les orientations budgétaires qui nous sont présentées ce soir. Comment nous adaptons-nous à cette réalité qui s’impose à nous? Comment réagissons-nous? Dans l’introduction, il est bien indiqué que « le caractère totalement inédit de l’ampleur de la crise sanitaire et ses effets sur nos recettes (notamment la fiscalité économique) doivent nous rendre prudents sur les chiffres présentés pour les années 2022 et 2023 ». Mais pour moi être prudent ne suffit pas. Il faudrait d’ores et déjà revoir la nature des investissements dés 2021, en ajustant nos priorités, en mettant l’accent sur des marqueurs forts comme l’enseignement supérieur, la vie étudiante, l’accès aux logements, l’économie sociale et solidaire, les modifications d’usages des déplacements ... Vous l’aurez compris, je ne suis pas en désaccord sur les trajectoires mais bel et bien sur l’urgence face à la situation actuelle et sur le calendrier choisi.

Je pense donc que l’on doit revoir nos priorités en ayant, forcément, une vision différente, ajustée. Je m’interroge donc nécessairement sur le choix que nous avons fait, il y a quelques mois et avant le COVID, d’engager notre agglomération vers le territoire intelligent.

C’est d’ailleurs dans le ppi des trois prochaines années l’un des investissements majeurs (avec 38 millions d’engagés sur 3 ans) Mais est ce que cela doit rester une priorité? Pour moi la question doit être posée et débattue. Et je dois dire que la cyber attaque que nous avons traversée est un argument supplémentaire pour réajuster le calendrier établi.

La crise a modifié, mais pour combien de temps, les usages dans les transports avec notamment une forte baisse des voyages en transport en commun, chiffré de -30 à -50% sur le territoire national. Cela va forcément avoir des conséquences financières importantes. N’y a-t-il pas urgence à revoir le plan de déplacement global ? On fait afce à une modification des usages, au développement du télétravail, du e-commerce, de la volonté de certains de déménager,… La pandémie a accéléré une modification de nos modes de vie que l’on doit prendre en compte dans notre développement. Ne devrions-nous pas dés maintenant réunir une commission de travail spécifique sur l’avenir des mobilités suite à alc rise COVID ? Qui pourrait nous amener, notamment, à repenser nos orientations budgétaires, nos priorités.

Un mot sur la dette. Je ne suis pas dogmatique monsieur le président. Depuis 7 ans maintenant, vous avez passé un temps incalculable à dénigrer ce monde d’avant 2014 où tout semblait négatif à vos yeux. Notamment sur la dette. Or, dand le document présenté, concernant la hausse de la dette, il est écrit : «  Cette hausse était programmée et va se poursuivre en 2021 jusqu’en 2023. » Eh oui, construire une ligne de tramway a nécessairement un impact conséquent sur l’évolution de la dette. Et vous avez tendance à oublier qu’avant la deuxième ligne il y a eu une première ligne qui avait déjà, en son temps, impacter la dette de notre agglomération.

Une alerte tout de même, indépendamment du budget transport, l’encours de la dette du budget principal est aussi en augmentation, passant de 142 à 164 millions. Restons vigilants d’autant que la crise ne nous donne guère de visibilité sur les années futures, tant en interne que dans les capacités de l’état à accompagner les territoires. Nous pourrions d’ailleurs faire entendre notre voix, comme l’ont fait des associations nationales de collectivités, sur la prise en charge de cette dette supplémentaire liée aux efforts financiers réalisés par les collectivités dans le cadre de la relance.


Pour terminer, je voudrais juste dire un mot sur le rapport égalité femme homme qui nous est traditionnellement soumis à l’occasion du dob. Deux constats : si la part des femmes est globalement majoritaire (avec 55% de femmes agglomération, ville et cas compris), les femmes restent toujours nettement moins nombreuses sur les postes de l’encadrement supérieur (où elles représentent 34% des effectifs) Par ailleurs, il est aussi indiqué que Le salaire brut moyen (toutes collectivités confondues) est de 2 138 € : 2 078 € pour les femmes et 2 211 € pour les hommes. Bien sûr, c’est à mettre en corrélation avec le fait que les temps partiels et non complets sont majoritairement des femmes. Et je suis consciente que ce n’est pas un constat nouveau et ce n’est pas spécifique à notre agglomération.

Mais que faisons-nous pour concrètement faire évoluer ces constats? Peut être devrait on s’imposer d’inverser ces tendances? Quant à l’inégalité salariale, là aussi il serait intéressant de réfléchir à la manière de rééquilibrer les choses. Pour que les femmes ne subissent plus cette terrible inégalité.

- Silvia CAMARA-TOMBINI -

Conseil de communauté, le 8 février

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