• Aimer Angers

Angers Shopping

Pendant cette pandémie, des pans entiers de notre économie sont en souffrance: la restauration, les bars, les hôtels, les discothèques, la culture, le tourisme,...


Avec des conséquences humaines parfois dramatiques. Le commerce, déjà confronté à de multiples difficultés, est aussi en première ligne. Nous devons accompagner les commerçants, les soutenir. Nous approuvons les mesures que vous avez annoncées la semaine dernière, la gratuité des transports en commun, la piétonnisation élargie du centre ville,...


Aider à la numérisation des commerces, pour ceux qui le souhaitent, en participant à la création d’une place de marché locale, nous paraît aussi pertinent. Toutefois, cette délibération nous interroge. Notre territoire, qui a la prétention et l’ambition d’être LE territoire intelligent français, notre territoire, fort de ses 1000 entreprises et 7000 emplois dans les domaines de l’électronique et du numérique, ne peut-il être maître d’œuvre de la création de cette place de marché, en collaboration avec les associations de commerçants, tout en conservant la maîtrise ?


Ce n’est pas l’option qui a été retenue. Le choix fait est celui de déléguer la création et la gestion d’une place de marché, appelée à devenir stratégique dans les années à venir, à une société privée, Wishibam, qui tente d’étendre sa toile. Ce choix s’est apparemment fait suite à une séduisante visite de représentants de cette société au premier semestre 2019.D’autres solution sont semble-t-il été étudiées? Lesquelles ?


Le choix d’une société privée pose évidemment celui des données. Qui est propriétaire des données clients collectées lors des achats, nerf de la guerre des places de marché? On m’a dit qu’aucune donnée n’est collectée. On m’avait aussi dit que la marmotte met le chocolat dans le papier alu.


On connaît la difficulté de faire sa place dans le domaine du numérique, où le «winner takes it all» est la règle. Le geste citoyen, le geste militant, ne suffira pas à faire de notre place de marché locale un acteur important du numérique: Il faut être au niveau de ses concurrents les plus performants, tant au niveau de l’offre que du service.


Je me suis rendu sur le site Angers Shopping. Difficile de se forger un avis. J’ai consulté les Avis google: ils sont peu nombreux (23), mais dithyrambiques. Ils n’ont qu’un défaut: ils ont tous été écrits par des salariés de Wishibam ou de la compagnie de Phalsbourg. Après tout, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Cela pose tout de même la problématique de l’éthique de cette société.


C’est noté sur la page d’accueil: 100% des revenus générés sur le site sont reversés aux commerçants, pendant la phase de lancement. Ensuite, Angers Shopping se rémunérera avec une commission de 5%. C’est son modèle économique.

Angers shopping bénéficie de la communication de la ville, de la CCI, d’Angers french tech.141 commerçants angevins seraient aujourd’hui référencés sur ce site, le CA réalisé depuis sa mise en place serait aux alentours de 400000€. Si l’on appliquait la règle des 5%, le montant prélevé par Wishibam serait donc sur cette période de 20000€, montant bien inférieur à celui versé par les collectivités: 120000€ par la région, 30000 par la ville, 5000 bientôt à l’agglo. Auxquels vont sans doute s’ajouter les 20000€ accordés à chaque commune dans le cadre du plan de numérisation des petits commerçants annoncé par le gouvernement. Vous nous parlez aussi de 50000€ supplémentaires pour les années 2021 et 2022.


Parce que nous pensons qu’un territoire intelligent doit rester maître de sa place de marché, parce que cette place de marché doit pouvoir s’articuler avec les commerces qui ont déjà leurs propres sites de vente en ligne, nous vous demandons de scinder cette délibération en 2 votes, en mettant à part le vote des 30000€ destinés à Wishibam.


Retrouvez son intervention en vidéo ici


-Bruno GOUA-

Conseil municipal de novembre 2020

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